Couv accusations de sexisme chez Uber

Accusations de sexisme, une raison supplémentaire de #deleteUber ?

Temps de lecture : 3 minutes

Le géant du ridesharing est à nouveau empêtré dans un scandale.

Après avoir énervé bon nombre de ses utilisateurs (et salariés) pour avoir accepté de siéger au conseil économique du nouveau président américain. Plus récemment, en faisant l’objet d’une plainte pour vol de propriété intellectuelle émanant de Waymo la filiale d’Alphabet (Google) en charge de développer un véhicule autonome – le patron d’Uber, Travis Kalanick doit maintenant répondre aux accusations d’une ancienne ingénieure.

L’employée en question, Susan Fowler Rigetti, a publié un article très critique d’Uber et de ces pratiques internes. Dans son récit, elle raconte avoir été victime de harcèlement sexuel par un supérieur, une semaine seulement après avoir rejoint la startup de San Francisco.

La suite donne froid dans le dos. Après leur avoir rapporté les faits, les ressources humaines ne veulent rien entendre et certains supérieurs la poussent même à passer l’incident sous silence. Le prétexte pour éviter toute sanction ? Le manager ayant commis la faute est “très performant” et l’acte constitue sa “première offense, probablement qu’une innocente faute” d’après la direction. La suite du billet de blog de Susan Fowler avance le contraire, ayant ensuite rencontré d’autres employées partageant le même récit, et le même protagoniste, visiblement performant dans de nombreux domaines…

Si les faits s’avèrent exacts, cette triste histoire révèle d’une culture interne sexiste. Uber est déjà connue pour avoir une culture interne intense et un turn-over d’employés élevés. Ce, sans mentionner cette précédente campagne, suivie de menaces proférées par un manager d’Uber New York (toujours en poste) à l’encontre de l’auteure de l’article.

Cette affaire provoque un véritable tollé et relance le débat du sexisme et du manque de diversité dans la Silicon Valley. Face à ces accusations, le patron d’Uber répond ouvrir une enquête en urgence. À la tête de cette équipe de détectives maison :

  • Liane Hornsey, employée de la startup en tant que directrice des ressources humaines (ayant rejoint Uber après les faits dont il est ici question). Son supérieur hiérarchique direct est Travis Kalanick.
  • Eric Holder. Cet ancien avocat général américain sert de conseil juridique à la startup depuis juin dernier. À ce titre il est rémunéré.
  • Arianna Huffington. Une membre du conseil d’administration de la société, elle aussi rémunérée par Uber.

Former cette équipe est certainement un pas dans la bonne direction. Bien que le choix de faire diligenter cette enquête sur des pratiques internes par un groupe d’employés non extérieur puisse laisser perplexe…

Mitch et Freada Kapor, deux des nombreux investisseurs d’Uber, ont justement écrit une lettre ouverte dénonçant la mascarade. Eric Holder a répondu à des reporters Bloomberg qu’il entendait bien mettre en jeu sa réputation personnelle et ainsi assurer son indépendance dans cette enquête.

Les coups de communication se suivent les uns après les autres. Travis Kalanick a tenu une séance de questions-réponses (dite all hands meeting dans le jargon) devant les employés d’Uber. Les priorités du moment ? S’excuser par tous les moyens.

Des tentatives pour faire bonne figure en dénonçant ces pratiques ? Véritable mea culpa ? Un top management dépassé par une croissance hyper rapide ? Méfaits sexistes et loi du silence ? Difficile à dire pour l’instant.

Difficile aussi de croire à l’incident isolé. Depuis ces révélations, les vieux dossiers refont surface. Les derniers en date : le départ forcé d’une récente recrue, un ingénieur de premier plan ancien vice-président de la search chez Google – ce dernier avait caché avoir fait l’objet d’accusations de harcèlement chez son précédent employeur.

L’autre c’est cette vidéo d’un échange tendu entre un chauffeur Uber et Travis Kalanick. La discussion s’échauffe à la fin du trajet, lorsque le chauffeur profite de l’occasion d’avoir le big boss sur sa banquette arrière pour aborder avec lui le sujet de la baisse des tarifs pour les chauffeurs.

Ce genre d’échange est malheureusement assez commun entre le management d’Uber et les chauffeurs utilisant l’application. Ce qui est plus parlant c’est la manière dont Travis Kalanick clôt le débat : sèchement et sans être à même d’échanger calmement suite à une critique, fondé d’autant plus. Cet article revient plus en détail sur l’échange.

De ces affaires une certitude demeure, celle de voir l’image d’Uber entachée, une fois de plus. Si aucune réforme crédible n’est engagée, l’entreprise risque d’avoir du mal à embaucher d’autres top talents dans les mois à venir.

Crédits image de couverture : Flickr/Kmeron.

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