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Les principaux acteurs VTC et plateformes de covoiturage dans le monde (1/2)

Temps de lecture : 7 minutes

Ce dossier porte sur les principaux acteurs du ridesharing et du carpooling (VTC et plateformes de covoiturage) dans le monde. Trente-trois sociétés sont incluses parmi les plus importantes et innovantes.

Pour une meilleure lisibilité, le dossier est découpé en 2 parties, la première sur les acteurs de premier plan. La seconde, liste des outils et plateformes de transports sur chaque continent. Cette liste reste non-exhaustive, il existe bien d’autres acteurs, mais le plus souvent petits ou n’opérant que sur un seul marché.

En France, les VTC forment le gros des sociétés de ridesharing en temps réel. Par exemple Uber, Chauffeur Privé ou encore LeCab. L’acronyme VTC signifie Voiture de Transport avec Chauffeur et englobe les sociétés mettant à disposition des véhicules sur réservation préalable, ils doivent être conduits par des chauffeurs professionnels.

Le covoiturage, lui, repose plus sur l’entraide et l’organisation. Le but, mettre en relation des passagers avec un conducteur seul dans son véhicule. Il n’est pas ici question de chauffeurs professionnels, mais de conducteurs occasionnels souhaitant partager les frais de fonctionnement d’un véhicule et rendre un trajet plus convivial.

Traditionnellement, le covoiturage se prête mieux aux trajets plus longs d’une ville vers une autre.

Certains acteurs sont présents dans les deux domaines et proposent des services de VTC et de covoiturage, comme Uber avec Uber Pool et Didi Chuxing avec Hitch. Dans ces 2 cas, le covoiturage n’est pas vraiment effectué par un particulier. Ce sont les plateformes qui optimisent le trajet de leurs véhicules au maximum et adaptent le concept de covoiturage pour l’utiliser au sein de nos villes.

Ce dossier est découpé en 2 parties:

  • Les principaux acteurs du ridesharing dans le monde: Uber, Lyft, Didi Chuxing, Grab et OLA (Partie 1)
  • Présentation des principales sociétés de VTC et covoiturage sur chaque continent (Partie 2)

Les big five: Uber, Lyft, Didi Chuxing, Grab et OLA

Pour commencer, il est bon de présenter les cinq acteurs majeurs des VTC et du covoiturage.

Ces cinq sociétés se partagent le globe et les marchés les plus importants. Toutes ont levé d’importantes sommes d’argent (supérieur à 1 milliard de dollars) auprès d’investisseurs, bien que les montants diffèrent d’une société à l’autre. Ces plateformes se sont développées rapidement: elles sont encore très jeunes, aucune n’a plus de 10 ans. Cela ne les empêche pas d’être sur le devant de la scène.

 

UberLogo Uber

Le leader en Europe, Amérique du Nord et aussi en Amérique du Sud et dans certains pays d’Asie.

LyftLogo Lyft

Présent qu’aux États-Unis et bien moins important qu’Uber, Lyft représente néanmoins un concurrent de taille allié à Grab.

Didi ChuxingLogo Didi Chuxing

L’application de transports incontournable en Chine.

Preuve de son importance dans ce pays, elle a racheté la division chinoise d’Uber durant l’été 2016.

GrabLogo Grab

Très présente dans les pays d’Asie du Sud Est et aux États-Unis grâce à un partenariat avec Lyft.

Ola

L’acteur incontournable sur le marché du ridesharing en Inde.Logo Ola

 

Uber versus Lyft, part de marché

Uber versus Lyft aux États-Unis, part de marché par ville (source: 7Park data).

Pour pallier l’omniprésence d’Uber, les quatre autres sociétés (Lyft, Didi Chuxing, Grab et Ola) forment une alliance. Au lieu de s’étendre à d’autres pays, elles préfèrent devenir partenaires. Les utilisateurs américains de Lyft peuvent par exemple utiliser des voitures Grab lors d’un déplacement en Asie, sans changer d’application. L’inverse est valable pour les utilisateurs de Grab en voyage aux États-Unis. Le cas se répète avec Didi en Chine et Ola en Inde.

Uberlandia, une ville au Brésil (photo: Uber)Uberlandia est une ville au Brésil, bien réelle, Tudo bem pour Uber.

La bataille des subventions pour les chauffeurs et passagers

Ces cinq sociétés sont incontournables dans l’industrie du ridesharing (VTC et Taxis) et par extension du covoiturage. De par leur taille et accès à beaucoup de dollars, elles subventionnent fortement le marché. C’est-à-dire qu’elles se livrent bataille pour gagner le plus de conducteurs, et dans une moindre mesure d’utilisateurs en offrant des primes ou crédits.

C’est le cas sur tous les marchés et dans toutes les zones géographiques: les conducteurs se font souvent offrir une prime pour conduire pour l’une des plateformes, les utilisateurs se voient offrir des crédits à utiliser sur l’application. Ces politiques de développement sont très couteuses et tendent à favoriser ceux disposant de beaucoup de fonds.

Avant le rachat, cet été, d’Uber China par son rival Didi Chuxing, les deux entités ont énormément dépensé en bonus versés aux chauffeurs chinois. Il est estimé que pendant les deux ans ou Uber a été présent en Chine deux milliards ont été dépensé de cette manière.

Le versement de ces subventions ne facilite pas la tâche pour les nouveaux arrivants dans l’industrie des VTC. Certains se démarquent quand même, avec une approche plus locale et en se différenciant sur les services proposés.

Chauffeur Ola cabs, Mikecogh

Un chauffeur de la plateforme Ola, en Inde (photo: Mikecogh via Flickr).

Il y a quand même un côté bénéfique à cela: les gros acteurs (Uber, Didi) éduquent le marché et les consommateurs. Ils dépensent pour acquérir, parfois former, des conducteurs. De même pour les consommateurs qui sont maintenant bien plus habitués aux concepts de ridesharing et d’autopartage.

C’est une opportunité pour les nouveaux entrants: arriver dans un marché déjà relativement développé et se différencier par un ancrage plus local ou de meilleurs services. C’est ce qui ressort de cette analyse (et de la seconde partie du dossier), les différentiations ne sont pas très importantes (hormis pour certains acteurs très localisés) et pour un consommateur le passage d’un concurrent à l’autre est aisé.

L’obstacle: la régulation

Une chose est sure, le marché du ridesharing et des VTC ne va pas cesser de faire parler de lui. Grab, OLA et Didi Chuxing eux évoluent sur des marchés n’ayant pas encore atteint les niveaux de consommation connus en Europe ou en Amérique du Nord, mais toujours avec une forte croissance.

Le covoiturage et ses variantes représentent aussi de bons moyens de décongestionner le trafic routier et faire baisser la pollution dans les villes, problèmes récurrents en Chine et en Inde.

Voiture Lyft

Une voiture Lyft (photo: Janitors via Flickr).

De nombreux obstacles existent encore, surtout du côté de la régulation. La bataille que se livrent les taxis et les VTC en France illustre très bien ce point. Hors de nos frontières, les choses sont différentes, certaines sociétés présentées dans ce dossier agrègent même les deux, mêlant les taxis traditionnels et les VTC au sein d’une même application.

En fonction de la géographie et de l’environnement dans lequel un service opère, les problématiques et les services rendus sont différents. Dans certaines zones, ces plateformes se positionnent comme une caution sécurité en vue de palier aux défaillances des systèmes de transport existants, c’est le cas au Brésil et en Inde par exemple.

Pour les consommateurs, le meilleur reste à venir. De véritables réseaux de transports se sont créés, la plupart ici ne transportent que des passagers, certains pourtant explorent la possibilité d’utiliser leurs réseaux et flottes pour transporter des marchandises. C’est le cas entre autres, d’Uber avec UberEats et Grab avec GrabFood.

 

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Un avenir avec l’utilisation de véhicules autonomes?

Les liens se resserrent également entre ces nouvelles sociétés de transports, les sociétés purement technologiques et des constructeurs automobiles. Ces partenariats visent à développer des solutions de conduite en autonomie et en tester l’usage auprès des consommateurs.

C’est par exemple le cas de General Motors, investisseur dans Lyft et ayant récemment acquis plusieurs sociétés oeuvrant pour le développement de véhicules autonomes, comme Cruise Automation en mars 2016.

Uber est partenaire de l’université Carnegie Mellon et développe son propre laboratoire de recherche dans le domaine, le constructeur retenu pour fournir les véhicules: Volvo et ses XC90. Pour remplir ce labo avec les meilleurs chercheurs, Uber a fait l’acquisition d’OTTO, développeur d’un système de conduite en autonomie pour les poids lourds. La firme de San Francisco est aussi allié à General Motors pour un programme test de location de voitures, classiques celles-ci. Le service s’appelle Maven et date du mois de novembre.

L’Asie n’est pas en reste, Didi Chuxing embauche de nombreux chercheurs et analystes en vue de travailler sur les technologies permettant des avancées dans le domaine: reconnaissance d’image, machine learning, etc.

Plus au sud, Grab s’est associée à NuTonomy pour tester l’utilisation de véhicules autonomes à Singapour.

Du côté de l’Europe, Daimler, la maison mère de Mercedes Benz, montre un intérêt croissant pour les nouvelles solutions de mobilité ayant investi dans le constructeur Tesla Motors, la plateforme Blacklane (voir la seconde partie de ce dossier) et Hailo (taxi-cab londonien) et racheté myTaxi ou encore RideScout (le service a depuis été renommé Moovel).

Baidu (moteur de recherche chinois), Google, Samsung et Intel travaillent également sur le développement de systèmes embarqués pour rendre les véhicules autonomes.

CB Insights a rédigé un mémo sur les différentes alliances entre constructeurs automobiles et pure player des technologies, disponible ici, il référence les projets en cours pour Toyota, Renault Nissan, Microsoft, Audi et d’autres qui ne sont pas présentés dans ce dossier.

Pour l’instant, ces programmes visent plutôt à récolter des informations sur la manière dont les passagers se comportent dans ce type de véhicules.

Le point critique pour faire avancer les technologies de conduite autonome: amasser assez de données venant de véhicules lâchés sur les routes. Google est pour le moment le plus avancé, sa voiture ayant parcouru plus de 2 millions de miles (3,22 millions de kilomètres) dans diverses zones urbaines américaines.

Uber ainsi que General Motors et Lyft sont bien positionnés pour rattraper ce retard: leurs flottes de véhicules sont sur les routes en permanence, bientôt équipés de capteurs ils permettront de collecter d’importants volumes de données sur la conduite. Cette remarque s’applique aussi aux constructeurs, Tesla Motors collecte déjà des données sur tous ses véhicules en circulation.

La seconde partie de ce dossier s’attache à présenter les principaux acteurs du ridesharing et de l’autopartage sur chaque continent.

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